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Les préjugés européens envers les Autochtones doivent cesser, déclare un expert en droits humains de l'ONU.
Peter O'Neil, The Vancouver Sun, le 2 avril 1993.

 

OTTAWA - Les opinions unilatérales sur les Autochtones qui ont mené à un jugement de la Cour suprême contre les peuples Gitxsans et Wet'suwet'ens doivent être anéanti, aux dires d'un expert, de la Commission des droits de la personne de l'ONU.

 

Selon Miguel Alfonso Martinez, la décision de 1990 n'est qu'une malheureuse réflexion de la perception européenne biaisée.

 

L’approche ethnocentrique du juge de la Cour suprême de la C.-B. Alan McEachern à l'endroit des cultures autochtones « est quelque chose qui doit être détruite systématiquement », a dit Martinez, auteur du rapport créé deux en vertu d'une sous-commission de la Commission des droits de la personne des Nations Unies.

Le rapport sur la discrimination dont les peuples autochtones sont victimes à l'échelle de la planète, a fait mention du jugement McEachern, qui a rejeté la requête des Gitxsans et Wet'suwet'ens pour obtenir la souveraineté d'un territoire de 57 000 km carrés. Le rapport a cité le jugement de McEachern à l'effet que les ancêtres des Gitxsans et Wet'su'wet'ens « ne possédaient pas de langage écrit, de chevaux ou de véhicules roulants, que l'esclavage et la famine étaient répandus (sic), que les différentes tribus s'entretuaient, et il n'y a pas de doute, pour citer Hobbs (sic) que la vie sur les territoires des Autochtones était tout au plus « désagréable, brutale et écourtée ».

 

Les verdicts autour des revendications territoriales font preuve de préjugés « ethnocentriques », selon un rapport de l'ONU.

Geoffrey York, The Globe and Mail, le 2 avril 1993.

 

OTTAWA - Une étude de l'ONU conclut qu'un juge de la Cour supérieure de la Colombie-Britannique a fait preuve de préjugés « ethnocentriques » dans une cause judiciaire portant sur des revendications territoriales ayant été formulées par des Autochtones.

 

L'étude en question, rédigée par un membre de la Commission d'enquête sur les droits de la personne de l'ONU, faisait valoir que le verdict d'un magistrat de la Colombie-Britannique faisait preuve «des sentiments ethnocentriques fortement enracinés dans l'Ouest sont encore, de nos jours, largement partagés dans les arguments judiciaires ».

 

Le rapport de l’ONU qui a été distribué hier lors d’une conférence à Ottawa citait quelques mots du juge comme des exemples de la pensée ethnocentrique du système judiciaire canadien.

 

Dans son importante décision sur la cause des Gitksans et des Wet’suwet’ens, le juge McEachern de la Cour suprême de la Colombie-Britannique (maintenant juge en chef de la Cour d’appel de la C.-B.) a dit que la vie du peuple autochtone était « désagréable, brutale et écourtée » avant l’arrivée de l’homme Blanc.

 

Le juge a dit que les Autochtones « n’avaient pas de langage écrit, pas de chevaux ni de véhicules roulants, que l'esclavage et la famine étaient répandus et que les différentes tribus s'entretuaient ».

 

Il a décidé que les Autochtones n’ont pas droit au titre autochtone sur 57,000 kilomètres carrés de territoire au nord de la Colombie-Britannique. La décision s’est rendue à la Cour d’appel, et un verdict est attendu sous peu.

 

Ce rapport des Nations Unies a été écrit par Miguel Alfonso Martinez, un cubain qui a été nommé « journaliste spécial » par la Commission des droits de la personne de l’ONU pour étudier les traités autochtones dans plusieurs pays autour du monde. Il travaille à cette étude depuis 1989.

 

En entrevue hier, M. Martinez a dit que la décision de la Cour était « malheureuse » et « unilatérale ».

 

Il a dit que la décision du juge était fondée sur une incompréhension de la culture autochtone. « C’est quelque chose qui doit être anéanti systématiquement », a-t-il dit.

 

M. Martinez a dit que l’étude de l’ONU sur les traités autochtones est sans précédent. « C’est la première fois que l’ONU examine les traités des peuples autochtones autour du monde », a-t-il dit.

 

M. Martinez s’attend à ce que son étude soit terminée dans les deux prochaines années et prévoit rédiger son rapport final en 1995.

Dans le rapport distribué hier, il a dit que les droits des peuples autochtones ont été érodés au Canada. « C’est absolument évident que les traités originaux ne contemplaient pas certaines interprétations qui sont couramment en train de diluer le contenu de ces traités », a-t-il dit aux journalistes lors de la conférence qui s’est tenue à Ottawa, en citant le droit à l’éducation à titre d’exemple.

 

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