fermer / accueil Virtual Museum Canada / Musée Virtuel du Canada

 

Communiqué de presse
13 juin l994
Les Gitxsans et Wet'suwet'ens négocient

 

Les Gitxsans et Wet'suwet'ens signent aujourd'hui un accord pour reporter la cause des revendications territoriales qui porte le nom de Delgam Uukw à la Cour suprême du Canada pour une période de 18 mois, en vue de négocier avec le gouvernement provincial de la Colombie-Britannique, des questions portant sur la juridiction, les droits de propriété et d’autonomie gouvernementale dans nos terres ancestrales.

 

Devant une foule de plus de 200 personnes, réunies au Tse Kya Hall de la réserve Hagwilget, près de New Hazelton, les deux chefs héréditaires Delgam Uukw et Gisdaywa, l'un de la tribu gitxsanne et l'autre de la tribu wet'suwet'enne, ont ratifié l’entente, et servi de témoins aux moment où le premier ministre de la Colombie-Britannique, Mike Harcourt, et quatre ministres provinciaux en firent de même.

 

L'entente, surnommée l’Accord de reconnaissance et de respect, pourrait annoncer la fin d'un cas juridique de revendications territoriales qui s'est avéré des plus longs et des plus significatifs au pays.

 

Les négociateurs pour le compte de la province, les Gitksans et les Wet’suwet’ens n’ont qu’un an, avec la possibilité d’une extension de six mois, pour arriver à un entente, sans quoi le procès de la Cour suprême reprendra.

 

« Nous avons donné la chance au gouvernement provincial de se reprendre en main après l’élection », a dit le chef héréditaire gitksan Mas Gaak (Don Ryan). « Nous avons décidé qu’ils ont les ressources et sont assez organisés pour négocier avec nous. Mais ils doivent aller au-delà de la rhétorique. Nous n’allons pas tolérer l’attitude dont la province a fait preuve dans le cadre d’autres négociations de revendications territoriales. Il est tout simplement inacceptable que la province nous offre un territoire réduit. »

 

Le porte-parole des chefs héréditaires de « l’Office of the Wet’suwet’ens » Sat’san (Herb George), a expliqué qu’une importante précondition concernant le territoire avait été imposée avant que les négociations ne commencent.

 

« Une concession majeure de la part du gouvernement en ce qui a trait à leur offre est qu’il soit prêt à négocier avec nous en tenant compte de nos territoires, tels que définis par nos chefs héréditaires », a dit Sat’san.

 

Sat’san référait au fait que la décision du juge, dans le cadre du procès original, avait fait preuve d’une logique raciste pour arbitrairement et incorrectement limiter les plus de 57 000 kilomètres carrés de territoires gitksans et wet’suwet’ens d’un tiers.

 

Notre tentative la plus récente pour regagner la souveraineté sur le territoire des Gitksans et des Wet’suwet’ens a commencé dans les années 1970. Dès le début, nous étions en faveur de négocier au lieu d’aller en cour. Nous avons effectué des recherches sur les titres et, à la réunion du

7 novembre 1977, nous avons invité les gouvernements provincial et fédéral à procéder aux négociations. Ils ont refusé. Dès le début, la succession des gouvernements provincial et fédéral ont bloqué nos tentatives de négocier de bonne foi.

 

Ce manque de respect nous a causé de déposer une revendication territoriale contre le Canada et la Colombie-Britannique pour la propriété et le juridiction de plus de 57 000 kilomètres carrés de territoire au nord-ouest de la Colombie-Britannique. Delgam Uukw, Gisdaywa et 47 autres chefs héréditaires gitksans et wet’suwet’ens ont été nommés comme plaideurs.

 

Près d’une décennie plus tard, la cause était en route pour la Cour suprême du Canada, jusqu’à ce qu’une offre tardive de négocier de la part du gouvernement ait été acceptée par les Gitksans et les Wet’suwet’ens. Pendant ces 10 années, les Gitksans et les Wet’suwet’ens ont persévéré : nous avons mené une cause judiciaire unique où les chefs héréditaires étaient les experts-témoins; nous avons écouté avec incrédulité la décision du juge Allan McEachern qui a, par la suite, été condamné comme étant « ethnocentrique » par la Commission des droits de la personne de l’ONU; nous avons regardé alors que la Cour d’appel de la Colombie-Britannique a appuyé McEachern dans une décision étroite 3-2; nous avons eu le droit de faire appel à la Cour suprême; et nous avons vu plusieurs des plaideurs originaux mourir et leurs noms héréditaires, avec la bataille pour la justice, repris par d’autres.

 

L’objectif est d’obtenir la juridiction, la propriété et l’autonomie gouvernementale sur nos territoires traditionnels. Nous n’avons jamais perdu cet objectif de vue. Nous ne le perdrons jamais.

 

 

Bureau du traité Gitxsan © 2005. Tous droits réservés
Commentaires | Politique de Confidentialité | Générique